Le Montespan et son carrosse cornu

Posted on juin 29, 2010

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Dans cet ouvrage, Jean Teulé raconte l’histoire de Louis Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, époux de l’une des plus célèbres Favorites de l’Histoire de France.

Déjà, j’adore le titre :  « Le » Montespan, c’est le revers de « la » Favorite, l’homme qui se cache derrière la maîtresse du roi et qui essaie de récupérer sa femme dans l’indifférence générale. Indifférence, amusement puis frayeur lorsque le marquis se livre aux pires excentricités : peindre son carrosse en noir et l’orner de majestueuses cornes de cocu, tenter de violer sa femme, et celle du roi pour se venger (projet auquel il renonce devant la laideur de la pauvre Marie-Thérèse), organiser les obsèques de son amour perdu… c’est qu’il est amoureux, le pauvre, il refuse de céder sa femme malgré les privilèges qu’on lui promet s’il se tient tranquille. Et pourtant sa femme, ce n’est pas un cadeau ! Perverse, manipulatrice, dépravée, mauvaise mère…un joli portrait de Françoise Athénaïs de Rochechouart. Au fil de la lecture on ne peut s’empêcher de marmonner « allez, lâche-là, ça ne vaut pas le coup ! »

L’auteur parvient à mêler histoire et fiction sans que l’on soit trop déstabilisé. L’écriture est plutôt efficace, on se laisse embarquer même si on ne sait pas très bien ce qui est véridique et ce qui est romancé. Au fond, on s’en moque. Il y a des passages assez crûs ; je pense en particulier à un moment où le marquis observe les ébats entre sa femme et son royal amant…les détails sont vraiment…répugnants. Autre passage marquant : le marquis réussit à s’introduire à Versailles, et tombe devant un tableau de se femme et de ses enfants illégitimes. « Ils sont beaux », pense-t-il, avant de de les croiser en chair et en os dans le parc et de changer d’avis : il décrit le duc de Maine comme  « un adolescent à la jambe atrophiée qui boîte de manière extrêmement pathétique » ; Mlle de Blois est une « poupée de sang qui ressemble à un cafard » ; Mlle de Nantes « louche horriblement et est toute velue. (…) telle une guenon, elle se coiffe un genou et en tresse les longs poils ». Sympathique, non ?

La Montespan et ses enfants


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Posted in: Pause lecture