La Princesse de Montpensier : une énergie jubilatoire

Posted on novembre 6, 2010

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Fan des films d’époque, et particulièrement des capes et d’épée, je me suis précipitée pour découvrir le dernier film de Bertrand Tavernier, La Princesse de Montpensier. L’affiche est très belle, elle a le mérite de nous informer très clairement sur les 2h30 de film : une belle fille + quatre mecs qui la dévorent du regard + de sublimes costumes = des histoires d’amour et de jalousies sur un fond historique soigneusement mis en valeur. C’est ça, le cinéma de Bertrand Tavernier : de grands récits qui se présentent tels qu’ils sont, accessibles, sans trop d’enrobages symboliques superflus. Est-ce pour cela que la Princesse a été boudée au festival de Cannes ?

Le pitch : « 1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage…Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, Duc de Guise. Elle est contrainte par son père d’épouser le Prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny. Elle tente en vain d’y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l’enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le Duc d’Anjou, futur Henri III. » (source : Allociné)

Je ne vous le cache pas, la première demi-heure est un tout petit peu pénible. L’intrigue peine à se mettre en place, les scènes de guerre sont violentes au possible, et puis il faut un peu de temps pour s’habituer à Mélanie Thierry. Je l’aime beaucoup, mais sa manière de parler est vraiment particulière ; au début on a même un peu de mal à comprendre tout ce qu’elle dit avec sa petite voix fragile ; et puis au fil de ses apparitions elle parvient à nous envoûter.

Passés ces débuts un peu chaotiques, on est vite embarqués dans l’histoire d’amour impossible entre Marie de Montpensier et Henri de Guise. Imaginez un peu : la pauvre doit se contenter d’un mari absent qui a le charisme d’une plante verte, alors qu’elle est folle amoureuse d’un fougueux chevalier à l’oeil pétillant et au biceps alerte. Pour compliquer un peu l’affaire, elle défraie également les passions du duc d’Anjou, frère du roi, et de son précepteur, le comte de Chabannes. Ne vous y trompez point : le plus sexy dans cette histoire n’est pas le Duc de Guise alias Gaspard Ulliel, mais bien le vieux sage, le Comte de Chabannes, alias Lambert Wilson. Quelle classe cet homme, quel charme, quelle présence ! Enfin, c’est purement subjectif…je vous laisse juger.

Marie de Montpensier / Mélanie Thierry

Henri de Guise / Gaspard Ulliel

Philippe de Montpensier / Grégoire Leprince-Ringuet (le bien nommé)

Raphaël Personnaz / le Duc d'Anjou

Lambert Wilson / le Comte de Chabannes

Bilan : un film flamboyant, passionné, envoûtant, charnel, émouvant, passionnant et surtout incroyablement énergique. On ne s’ennuie pas, ce qui fait qu’on pardonne aisément à Bertrand Tavernier les clichés semés ici et là et qui rendent quelques scènes un chouïa caricaturales. On sent par exemple que les traits de caractères des personnages sont un peu forcés, comme pour mieux révéler leurs contrastes. Les comédiens sont à l’image du film : pleins de vie, dynamiques et spontanés. Pour moi, ce film a été l’occasion de découvrir un acteur, Raphaël Personnaz (quel nom !), qui campe à merveille un Duc d’Anjou drôle et cynique. J’espère que nous le reverrons très vite.

Bref, un très bon moment de cinéma, à déguster les yeux fermés (ou presque).


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Posted in: Séance ciné