Guillaume m’a déçue

Posted on novembre 24, 2010

15


Et bien voilà, il fallait bien que ça arrive : j’ai vu les petits mouchoirs. Après avoir tout entendu sur ce film, un chef d’oeuvre, un échec , un moment de bonheur, deux heures d’ennui, Marion Cotillard au sommet de l’émotion, Marion Cotillard en chialeuse insupportable, je me demandais bien ce que valait ce film. Ou du moins, ce que j’allais en penser. Au final, le verdict est sans appel : Guillaume, tu avais tout pour faire un beau film, tu as fait un mélo sans intérêt.

Vous allez me dire : pas très productif cet énième jugement, alors il faut que je vous explique pourquoi je n’étais pas seulement déçue mais plutôt assez en colère en sortant du ciné. Voici donc l’histoire d’une bande de potes qui partent comme tous les ans en vacances ; sauf que cette année est particulière, l’un d’entre eux n’a pas pu venir, il a eu un grave accident et est cloué à l’hôpital…du coup, tout ce petit monde est un peu nostalgique. On découvre au long (très long) du film les angoisses et les cas de conscience de chaque personnage.

Le scénario n’est pas d’une folle originalité, mais après tout, peu importe l’histoire tant qu’elle est bien racontée… problème : ici, on tourne en rond. De nombreuses scènes sont teintées d’un désagréable sentiment de déjà-vu (Marion qui allume son joint…François qui pète un cable…). Les traits de caractère sont tellement forcés que les personnages en deviennent caricaturaux : et le problème, c’est qu’il est difficile de s’attacher à des caricatures. Le pire, c’est le traitement réservé aux pièces rapportées, les femmes respectives des personnages joués par François Cluzet et Benoît Magimel : elles n’existent qu’à travers leurs conjoints. Ainsi on ne sait rien d’Isabelle (la formidable Pascale Arbillot), mis à part ses frustrations de couple. Rien sur son histoire, son passé, ses aspirations…La vraie star du film, c’est Marion Cotillard. Je n’avait rien contre elle, mais dans le rôle de la trentenaire qui ne sait pas ce qu’elle veut, je l’ai trouvé tout simplement horripilante.

Guillaume Canet a cédé à la facilité. Bizarre, car j’avais lu partout que ce film était LE film de sa vie. Un film entièrement dédié à l’amitié : on s’attend à vivre des émotions fortes. Je ne sais pas vous, mais moi je n’ai pas vibré du tout : je n’aime pas qu’on me force la main avec des scènes dramatiques à souhait agrémentées de musiques qui mettent la larme à l’oeil. Les dernières minutes du film sont très tristes ; j’ai eu les larmes aux yeux, mais presque à contre-coeur : c’est facile de faire pleurer les gens en les forçant à regarder de très bon acteurs eux-mêmes en train de pleurer. C’est plus difficile de les toucher sincèrement, avec des ficelles un peu plus subtiles. Rémi Bezançon avait superbement réussi l’exercice avec son film « Le premier jour du reste de ta vie », sur le thème de la famille.

Bref, je parlerai pour ce film d’une émotion forcée qui ne fonctionne pas, et d’une histoire creuse qui ne nous apprend rien sur l’amitié. Guillaume, tu m’as déçue car tu m’as forcée à pleurer. Peut-être avez-vous un avis plus nuancé ? Je dois quand même souligner le seul point fort du film : François Cluzet, toujours au top niveau.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités
Posted in: Séance ciné